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Charles Milhaud dépose son dossier pour une banque méditerranéenne

Le rapport Milhaud évoque trois scénarios pour la création d'une banque chargée d'aider le co-développement en Méditerranée. Il sera présenté officiellement en novembre 2010 lors du prochain sommet de l'Union pour la Méditerranée.


A Marseille, Charles Milhaud entouré de deux éminents membres de sa commission Philippe de Fontaine Vive et Daniel Houri (photo F.Dubessy)
A Marseille, Charles Milhaud entouré de deux éminents membres de sa commission Philippe de Fontaine Vive et Daniel Houri (photo F.Dubessy)
MÉDITERRANÉE. Dévoilé à Hammamet le 26 mai 2010 et précisé à Marseille le lendemain lors du For'Um de l'Union pour la Méditerranée , le projet de banque Méditerranée a franchi une nouvelle étape mercredi 25 août 2010 avec sa présentation à Nicolas Sarkozy au Palais de l'Élysée. 

Chargé par le président de la République française en décembre 2009 de travailler sur ce dossier avec une équipe d'une dizaine d'experts de plusieurs pays méditerranéens, Charles Milhaud vient donc d'en déposer les conclusions approuvées à l'unanimité des membres.

La commission de financement du co-développement en Méditerranée, selon non nom officiel, suivait comme feuille de route l'évaluation de "la capacité des institutions financières actives dans la région à mobiliser des financements et à proposer des pistes de réforme visant à une plus grande coordination et/ou à un renforcement des instruments existants, dans le cadre des projets de l’Union pour la Méditerranée".

Le texte insiste sur le déficit de financement pour certains secteurs stratégiques mais parle aussi des difficultés de financement de long terme des Pme et des Tpe ainsi que les problèmes d'investissements sur les grands projets régionaux que sont l'eau, le Plan solaire méditerranéen et le développement urbain durable.  

Selon un communiqué publié par l'Elysée, "le rapport met également l'accent sur la nécessité de continuer les réformes entreprises en vue de créer un cadre juridique des affaires adapté et protecteur pour les investisseurs. Il met aussi en évidence la nécessité d'accroître le transfert de compétences du Nord vers le Sud par la formation d'experts.

Trois scénarios possibles

Charles Milhaud et son équipe préconisent trois scénarios (photo F.Dubessy)
Charles Milhaud et son équipe préconisent trois scénarios (photo F.Dubessy)
La conclusion de la Commission Milhaud, proposant de créer une institution dédiée au financement du co-développement en Méditerranée, ne surprendra personne ! Pas plus que ses préconisations : "elle devra être conforme au principe du co-développement et de la co-responsabilité en associant les Pays du Sud au capital et à la gestion. Elle devra recevoir une notation AAA pour pouvoir fournir des financements adaptés."
 
Reste à savoir comment, quand et par qui elle sera portée sur les fonts baptismaux. Les experts proposent trois scénarios.

Le premier évoque la création d'une banque de la Méditerranée à partir de la filialisation des activités FEMIP  (Facilités euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat) de la BEI. La Banque Européenne d'Investissement deviendrait actionnaire avec une participation minimale de l'ordre de 35% pouvant aller jusqu'à 50%. 

Le second envisage la création d'une banque ex-nihilo. Une solution qui exigerait une mobilisation importante de capital. 

Le troisième suggère la mise en place d'une institution de taille plus restreinte qui s'appuierait sur les caisses de dépôts et consignations méditerranéennes existantes. 

Ce rapport sera officiellement rendu public en novembre 2010 au cours du sommet des chefs d'Etats et de gouvernements de l'UpM à Barcelone. Lesquels devront trancher entre les trois scénarios même si le premier semble le plus plausible. 


Frédéric Dubessy


Mercredi 25 Août 2010



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