CO2...ssus de nos moyens !Par Willam AllaireA mesure que le mercure monte, le moral des pingouins baisse. C’est que la hausse des températures a des conséquences tangibles au delà du cercle polaire : transformée en granita, la calotte glaciaire se réduit comme peau de phoque, faisant grimper le niveau des océans et privant les palmipèdes frigophiles de leur terrain de jeu favori... Dans les zones tempérées, pendant que les Cassandre se disputent sur le degré de gravité de la montée des eaux, les responsables du coup de chaud restent froids et l’opinion s’échauffe. Les premiers ont mis au point un audacieux système qui leur permet d’acheter des droits d’émettre les gaz tragiques dans l’atmosphère : en clair, ils paient pour qu’on laisse les cheminées de leurs fabriques fumer en paix. La seconde s’enduit de crème solaire, achète des climatiseurs et n’a plus le droit de fumer dans les lieux publics. Certains gouvernements du Nord, plus sensibles à la chaleur, ont décidé de taxer les gros fumeurs. Ceux-là ont certes toujours le droit de fumer, mais ils paient une dîme qui a justement pour objectif de les en dissuader. En France, un projet d’impôt similaire était prêt à sortir des cartons. La taxe carbone devait transformer le pays en oasis écolo, les petites fleurs allaient pousser en haut des cheminées des usines et on allait enfin pouvoir respirer à pleins poumons. Las. Menaçant d’aller faire cracher leurs cheminées hors de l’Hexagone, les gros fumeurs ont obtenu la fermeture anticipée de cette usine à gaz fiscale, renvoyant toute décision à Bruxelles, avant demain d’élargir le chantage carbonique au Sud... Moralité : quand on veut fermer les usines à gaz, mieux vaut éviter les usines à gaz. Cqfd. Et les pingouins dans tout ça ? En nage, ils nagent...
William Allaire
Vendredi 26 Mars 2010
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