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Biomarine : 'Il y a urgence à aller dans l’action rapide'


Le premier forum international Biomarine, sorte de "Davos de la mer", a lancé cinq jours de débats autour du développement maritime.



FRANCE/MEDITERRANEE. Parrainée par la navigatrice Maud Fontenoy, la manifestation se déroule depuis lundi 20 octobre à Toulon et se poursuivra les 22 et 23 octobre à Marseille. Lors de l'ouverture, près de 500 personnalités ont répondu à l’invitation à débattre sur des problématiques aussi variées que la sécurité et la dépollution des mers, le dégel de la banquise, la géopolitique de la mer ou encore la stratégie intégrée pour le bassin méditerranéen.

Cette manifestation, volontiers présentée comme le "Davos de la mer", est aussi "l’événement maritime majeur de la présidence française de l’Union Européenne" qui l’avait labellisé. Ses organisateurs affichent l’objectif "d'apporter des solutions concrètes et innovantes en vue d'améliorer l'environnement marin, mais aussi la gouvernance maritime régionale et internationale, ou encore d'encourager les entreprises maritimes responsables".

Un objectif qui n'a pas levé pas le scepticisme de certains intervenants. "Il y a beaucoup de colloques et de symposiums sur la mer, mais il faudrait que cela aboutisse à des solutions concrètes", souhaitait lundi en préambule l’armateur Philippe-Louis Dreyfuss. "Il y a toujours des raisons pour que la défense des océans arrive en n°2, une fois derrière le libre-échange, une autre fois après la guerre, une autre après la crise financière", constatait l’Américain Tony Hatmet, directeur de l’Institut d’océanographie Scripps. Le scientifique ne savait pas encore que le Prmier ministre français François Fillon, appelé sur le front bancaire, allait se décommander du discours d’ouverture et être remplacé par Hubert Falco, sous-secrétaire d’état à l’Aménagement du territoire, visiblement heureux d’intervenir dans sa ville de Toulon. Henri Guaino, le conseiller spécial du Président et l’inspirateur de l’Union pour la Méditerranée, a également fait faux-bond.
Biomarine : 'Il y a urgence à aller dans l’action rapide'

Les océans sont sur le point de déborder

La première journée, consacrée aux aspects géopolitiques et à la gouvernance, devait-elle passer sous les fourches caudines de la crise financière ? Cela n’a pas été le cas. Il n’a pas manqué de débatteurs pour rappeler qu’il existe une interaction certaine entre les problèmes environnementaux et économiques, qui passe par un changement de comportement et de modèle de développement.
Lee Stein fait partager sa vision des choses en bon entrepreneur-philantrope américain : "Comment trouver un terrain d’entente entre la nature et l’homme ? Il est temps de signer un traité de paix. La nature doit être considérée comme un capital. On se rend compte que les choses ne peuvent pas durer." "Il faut placer la question des océans au cœur de l’agenda du climat où ils ne figurent pas. Le prochain G8 ne l’a pas inscrit à son ordre du jour", regrette Billana Cicin-Sain, présidente de l’association internationale pour la gouvernance des mers, en rappelant que les océans constituent le plus important régulateur climatique.

Pourtant, si on en croit la plupart des intervenants, les océans sont sur le point de déborder. La machine infernale semble remonter pour exploser entre 2050 et 2100. Ils sonnent l’urgence. "Le Pentagone est parvenu à la conviction que les espaces côtiers seront très différents à l’horizon 2050. Leur scénario prévoit des flux migratoires importants qui créeront des tensions au sein des populations", avertit Alexis Bautzmann du Groupe Aréion. "Si nous ne parvenons pas à faire notablement à baisser les émissions de CO2, notre génération aura échoué sur le plan économique et politique. C’est la question de la paix qui est à l’ordre du jour", surenchérit Karin Roth, ministre allemand du transport. "En premier, l’impact portera sur les pays pauvres dont les populations sont encore plus menacées. Nous allons réussir ou perdre ensemble", s’alarme Billana Cicin-Sain qui, comme l’ensemble des intervenants, positionne le curseur des catastrophes majeures sur la seconde moitié du 21e siècle. "Si nous ne faisons pas un effort important, la mer, espace vivant, sera irrémédiablement dégradée ", conclut Hubert Falco.

Un brevet de bonne conduite pour l'Union européenne

Que faire ? Réceptif au danger, un participant questionne les experts : "Est-il réaliste de penser qu’on peut trouver une solution dans le temps qui nous reste ? Quel degré de crise faut-il atteindre pour réagir ?"

Les réponses se font plus rassurantes: "Il y a urgence à aller dans l’action rapide", s'accordent à dire les experts. Sur le terrain, des centaines d’associations et d’ONG agissent dans le bon sens. Mais quand les nations afficheront-elles la question en tête de leur ordre du jour ? L’Union européenne, venue au colloque pour trouver une vision maritime, repart avec un brevet de bonne conduite grâce à ses dernières mesures prises (lutte contre les émissions CO2, sécurité des navires, recherche marine…). "Les Etats-Unis sont en retard, mais suivront", se dit convaincue Billana Cicin-Sain. Mais restent des pays émergeants comme la Chine ou l’Inde…

Biomarine a fait un nouveau petit pas dans la prise de conscience des nations et la préparation d’actions de haut niveau. "Les solutions peuvent être très rapides. La crise financière nous a montré qu’on peut trouver des solutions communes rapidement", veut croire la ministre allemande des transports. À condition d’agir sans attendre que commence le cycle des catastrophes.


Robert VILLENA


Mardi 21 Octobre 2008


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