Au Sud : "un effet retardé de la crise"Les pays du Sud de la Méditerranée, jusque-là épargnés par la crise car peu impliqués dans l'économie de marché, peuvent en subir les effets ultérieurement, estime le président du Conseil scientifique de la Méditerranée, Jean-Louis Reiffers.
Jean-Louis Reiffers, président du Conseil scientifique de la Méditerranée (photo Frédéric Dubessy)
TUNISIE / MEDITERRANEE. Les pays du Sud de la Méditerranée risquent de subir dans six mois « un effet retardé de la crise financière ».
C'est ce qu'estimait Jean-Louis Reiffers, président du Conseil scientifique de la Méditerranée, lors du colloque annuel de la Ligue des Etats arabes organisé à Tunis sur le thème de l’impact de la crise dans la zone Euromed . Selon l’économiste français, ces pays pâtiront d'une diminution des réserves en devises. Ce phénomène devrait être généré par la baisse des recettes touristiques, le recul des transferts d'argent provenant des émigrés touchés par le chômage dans les pays d’accueil, et la diminution des investissements directs européens, même si l'attractivité de la rive Sud de la Méditerranée s’est améliorée par rapport aux pays d’Europe centrale et orientale (PECO). S'ériger en groupement sous-régional
Jean-Louis Reiffers a tenu, néanmoins, à minimiser l’ampleur de « cet effet retardé » en raison de « l’asymétrie de l’information dans les pays du Sud de la Méditerranée ». Les consommateurs, sous-informés, non avertis et indifférents, ne risquent pas de penser, un jour, à retirer leur argent des banques de la place, estime-t-il.
Selon l'économiste, ces pays sont en mesure d'être en meilleure situation pour peu qu’ils améliorent leur capacité de négociation avec l’Union européenne. A cette fin, ils sont appelés à s’ériger en sous-groupement régional. Pour le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie , Taoufik Baccar, « cette intégration est d’une extrême urgence face à la tendance des pays de la rive Nord de la Méditerranée à adopter, en cette période de crise, des comportements protectionnistes tels que la baisse des investissements européens dans le Sud de la Méditerranée, et à prendre des mesures individualistes ». Brahim Krimi, à TUNIS
Mercredi 24 Juin 2009
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