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"Après le siècle du pétrole, celui de l'eau"


Interrogé par econostrum.info lors du 6e Forum mondial de l'eau, Hachmi Kennou, directeur exécutif de l'Institut méditerranéen de l'eau (IMF) et gouverneur du Conseil mondial de l'eau, évoque l'exemple que peuvent donner les pays méditerranéens dans les problématiques sur l'eau.



Hachmi Kennou, directeur exécutif de l'Institut méditerranéen de l'eau (photo F.Dubessy)
Hachmi Kennou, directeur exécutif de l'Institut méditerranéen de l'eau (photo F.Dubessy)
Econostrum.info : Quelle est la raison de votre présence sur le 6e Forum mondial de l'eau à Marseille ?

Hachimi Kennou :
 Le Forum mondial de l'eau est l'occasion pour la communauté mondiale, régionale et méditerranéenne de l'eau de se retrouver. Mais nous ne communiquons pas que tous les trois ans !

En Méditerranée, nous travaillons sur trois types de programmes régionaux concernant l'eau : la coopération et les échanges d'expériences entre les différentes rives de la Méditerranée, l'environnemental avec un espace marin partagé, la Méditerranée, et le développement des infrastructures liées à l'eau (problématique des ressources, des transferts, approvisionnement de l'eau urbaine avec l'eau potable et l'assainissement).

Le Forum mondial de l'eau est aussi l'occasion de montrer au reste du monde notre expérience méditerranéenne dans ce domaine.

Econostrum.info : Quelles sont justement ces expériences ?

Hachimi Kennou : Juste quelques chiffres. Un pays qui dispose de 1 000 m3 par an et par habitant est considéré en manque d'eau donc en stress hydrique. La France affiche 3 000 m3, les Balkans 20 000. La Tunisie est à 400, la Jordanie moins de 200 et la Palestine n'arrive même pas à 60.

Pourtant dans ces pays du sud et de l'est, nous n'entendons pas parler de guerre de l'eau. Tout simplement, car ils se sont lancés dans des programmes de gestion de l'eau au tout début par l'offre puis par la gestion de la demande.Tout cela dans le cadre d'un processus de gestion intégrée.

Toute goutte d'eau est précieuse donc ils gèrent la pénurie. Nous parlons aujourd'hui de gestion durable de l'eau avec un cycle : eau du ciel ou de nappe phréatique, stockage, traitement, rejet, retraitement pour que l'eau revienne au milieu naturel. Ceci est vrai dans les pays du sud de la Méditerranée, mais aussi en Espagne, à Chypre, à Malte et en Grèce.

C'est une expérience de plus de quarante ans.

Mettre l'eau au-dessus de tout

Econostrum.info : L'eau est aussi un facteur de développement

Hachmi Kennou : 
Oui, de développement économique, social et environnemental. La croissance urbaine et économique a amené à conjuguer les efforts pour pouvoir mettre en place des mécanismes pour des sources de développement. Et l'eau en est un !

Nous sommes sortis du siècle du feu avec le pétrole, nous entrons dans celui de l'eau.

Il faut mettre l'eau au-dessus de tout, quel que soit le mode de mécanismes de gestion. Le Forum mondial de l'eau ne fait que consolider le fait que l'eau est un facteur de développement, basé sur des technologies génératrices d'emplois à tous les niveaux que ce soit pour les études, les travaux ou le management. Pour le privé comme pour le public.

Econostrum.info : Ce 6e forum se présente comme un forum des solutions. Quelles sont celles proposées par l'Institut méditerranéen de l'eau ?

Hachmi Kennou : Nous proposons la réutilisation totale, d'ici l'horizon 2020 / 2025, des eaux usées traitées. Nous avons mis le paquet sur le développement de technologies adaptées pour traiter les eaux urbaines ;

D'ici à 2025, nous souhaitons que 50% du potentiel de rejet des eaux usées industrielles soient traitées.

Il faut engager toutes les parties prenantes par une politique raisonnée pour réaliser des économies d'eau et ne plus la gaspiller.

Econostrum.info : Quel est le rôle de l'Institut méditerranéen dans l'eau dans ce domaine ?

Hachimi Kennou : L'Institut méditerranéen de l'eau est un porteur, un facilitateur. Mais il existe aussi d'autres organismes comme le Plan Bleu ou le Semide (ndlr :Système Euro-Méditerranéen d'Information sur les savoir-faire dans le Domaine de l'Eau), des think tanks et divers réseaux. De toute façon, c'est l'affaire de tous : des États, mais aussi de la société civile. Tout le monde doit s'engager sur ces problématiques.




Jeudi 15 Mars 2012



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Commentaires

1.Posté par Assayag le 16/03/2012 07:34
Bonjour et félicitations.

Le Maroc connaît une faible pluviométrie et l'alimentation importée creuse le déficit de la balance des paiements.
Le Maroc est riche de milliers de kilomètres de côtes.
J'aimerai avoir une documentation aussi complète que possible sur les procédés de dessalement de l'eau de mer, utilisant l'énergie solaire qui est aussi une richesse du pays.
Il faudra alors sérieusement songer à bâtir les routes de l'eau
Merci
David Assayag

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