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Après la menace du Grexit, les Grecs s'inquiètent du Brexit


Les Grecs redoutent la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne et surtout ses conséquences sur les aides à leur pays.



Le Brexit pourrait avoir de lourdes conséquences sur la Grèce (dessin DR)
Le Brexit pourrait avoir de lourdes conséquences sur la Grèce (dessin DR)
GRECE. L’actualité internationale, comme toujours, occupe le devant de la scène en Grèce. Sauf que la question du jour n’est plus Grexit ou pas mais plutôt : aurons nous les sous avant le Brexit annoncé. « Versez nous notre prochaine tranche du prêt avant que les Anglais votent non ! »  Titrait même en une, mardi 7 juin 2016 le quotidien ultra populiste Contra News qui croit savoir, « Qu’un non de Londres signifierait la fin de l’Europe allemande qui met à genou les peuples du sud ».

A lui seul, ce titre résume la position des Grecs vis-à-vis du Brexit. Ils s’en préoccupent, mais uniquement par rapport à la crise qui sévit depuis cinq ans. D'un côté, ceux qui s’inquiètent de voir l’Europe se désagréger, comme Christos Sakelariou. Ce professeur d'Italien, électeur du Syriza (parti de la gauche au pouvoir) estime que " sans les Anglais, l’Europe va  s’effondrer et tous nos sacrifices vont partir à l’eau." En face, figurent ceux qui souhaitent cet effondrement à l'image d'Irini Kondaridou, quarante ans, professeure de lettres classiques et militante d’extrême  gauche. "Que les Anglais réussissent ce que la gauche grecque n’a pas su faire, pour que l’on puise refaire une vraie Europe sociale."

Entre les deux, ceux très nombreux que ce Brexit fait rire. "Apo allou to perimenane, apou allou tous irthe" peut -on entendre sur les terrasses de cafés ces derniers  jours ("Ils l’attendaient d’un coté, cela leur vient de l’autre"). Sous-entendu, l’Europe misait sur un Grexit c’est un Brexit qui l’attend !

Refus du Brexit par principe

Loukas Stamellos, la trentaine, informaticien au chômage fait partie de ceux qui en rient. Pour lui, "cette Europe est une imposture. L’euro n’est pas une monnaie commune mais un outil pour imposer une politique libérale. Je ne vais pas pleurer si la City nous quitte.".  La droite mise plutôt sur le bon sens. "Au dernier moment, dans l’isoloir, ils vont se ressaisir et prendre peur" espère Irini Karandoni médecin à la retraite. Un point de vue largement relayé, un peu comme une méthode Coué, au sein du parti conservateur et des milieux d’affaires. Les armateurs grecs eux attendent patiemment. Le Brexit ne changera rien pour eux. Nicos Vernicos,  armateur depuis quatre générations et européen convaincu, mise sur le refus du Brexit "par principe". Mais, il reconnaît que dans le fond, pour ses affaires, "cela ne changera rien."

En fait pour Thanos Condargyris, économiste, le Brexit fait surtout peur aux institutions européennes et à ce titre explique -t-il, "Bruxelles veut rassurer les opinions publiques." D'où, souligne-t-il, "les messages rassurants sur l’économie grecque. Il faut convaincre que l’Europe se trouve à la hauteur dans le dossier grec, qu’elle sait et peut résoudre la crise. Ce n’est pas un hasard si un accord a été trouvé à la dernière minute entre Athènes et ses créanciers. Mais, rien n’est moins faux."  Et ce cofondateur d’Attac Grèce de prédire : "Jusqu’au référendum tout ira mieux dans la meilleure des Europe. Après, en fonction du vote, c’est l 'inconnu surtout pour la Grèce."

D’ici là, les créanciers serrent un peu plus la vis au pays et exigent la privatisation effective de l’ancien aéroport d’Héllénikon vendu 915 M€ pour procéder au prochain versement du prêt promis. Quant il se trouvait dans l’opposition, Alexis Tsipras avait dénoncé cette privatisation "comme un bradage inadmissible qui bénéficie aux amis d’Antonis Samaras", premier ministre de l’époque. De fait, le groupe Liatsos proche des conservateurs  se retrouve parmi les acquéreurs. Du coup, même si des négociations "sont  toujours en cours pour préserver le bien public", le protocole  d’accord sur cette vente a été signé au grand  dam des électeurs du Syriza qui s’estiment un fois de plus trahis.




Mardi 14 Juin 2016



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