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Après la Tunisie, la révolte sociale gagne l’Algérie


La capitale a vécu, en ce début d’année, deux nuits mouvementées successives. Le 4 janvier 2011 au soir à Bab el Oued – quartier populaire situé à l’ouest d’Alger – des heurts s’étaient produit entre policiers et supporters du club de football local, à la suite d’un match joué dans la commune voisine de Bologhine.
Les affrontements ont repris de plus belle dans la soirée du 5 janvier 2011. Les jeunes entendaient protester, cette fois-ci, contre la hausse des prix de produits de grande consommation.



De nombreux jeunes Algériens expriment leur mal être (photo archives DR)
De nombreux jeunes Algériens expriment leur mal être (photo archives DR)
ALGÉRIE. L’histoire est-elle en train de se répéter ?

Tout porte à le croire à l'aune des mouvements de violence qui ont touché notamment la capitale Alger dans la nuit du 5 au 6 janvier 2011, même s’il convient de rester prudent.

On se rappelle en effet que l’année 1980 avait vu l’ouverture, dans la foulée du mouvement de revendication linguistique et culturel berbère né en avril en Kabylie, d’un cycle de révoltes populaires à caractère social (travail, logement…) qui déboucha, le 5 octobre 1988, sur une explosion généralisée qui ébranla le régime.

L’ouverture d’une transition démocratique mis alors fin au système du parti unique.

Nouveau cycle de révoltes

Or, en 2001, après une décennie de guerre civile, s’ouvrait en Algérie un nouveau cycle de révoltes que les médias locaux ont pris l’habitude de qualifier d’émeutes.

A la suite de la mort d’un jeune homme dans les locaux de la gendarmerie en Kabylie en avril 2001, un puissant mouvement populaire ébranlera la région durant de nombreux mois et viendra reposer la question démocratique jusqu’au cœur de la capitale.

Ce mouvement, dit du « Printemps noir », va ouvrir un nouveau cycle de révoltes à caractères social (travail, logement, conditions de vie…), mais aussi politique puisqu’il prend pour cible les autorités locales.

C’est ce nouveau cycle qui semble finir en apothéose par l’explosion d’une série de révoltes qui touche de nombreuses villes du pays – Oran, Alger, Djelfa, Tipasa, Blida… – et dont les causes sont toujours les mêmes : sociales et politiques. 

Le 4 janvier 2011 au soir à Bab el Oued – quartier populaire situé à l’ouest d’Alger – des heurts s’étaient produits entre policiers et supporters du club de football local, à la suite d’un match joué dans la commune voisine de Bologhine.

Les affrontements ont repris de plus belle dans la soirée du 5 janvier 2011. Les jeunes entendaient protester, cette fois-ci, contre la hausse des prix de produits de grande consommation. Certaines denrées de base, comme le sucre et l'huile, connaissent des hausses considérables en Algérie.

De nombreux jeunes Algériens expriment le mal-être qui les envahit par des tentatives répétées d’émigration clandestine à destination du Vieux continent.

Quelles conséquences politiques ?

La vie politique locale étant opaque, un certain nombre de commentaires réduisent la présente révolte à une manipulation « de clans du pouvoir ».

Pour les uns, l’objectif est d’amener le président Bouteflika à quitter le pouvoir. Pour d’autres, ces événements devraient au contraire lui permettre de reprendre la main.

Tous ces calculs ne peuvent évidemment pas être écartés d’un revers de main.

Ils ne doivent cependant pas occulter la dégradation réelle et continue du niveau de vie de larges pans d’une population qui vit dans un pays riche et qui est choquée par l’étalage de signes extérieurs de richesse de la part d’une minorité aisée.


Amal Belkessam, à ALGER


Jeudi 6 Janvier 2011



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Commentaires

1.Posté par Etienne le 07/01/2011 21:04
Bonjour, je me suis rendu en Algérie pour mes vacances 2009 et 2010. La première fois, j'y suis allé en avion : lorsque j'ai dit aux policiers Algériens que je venais en vacance, ils m'ont demandé si j'étais fou. La seconde fois, je m'y suis rendu avec ma voiture et en bateau. J'ai été surpris par les Algériens : ils avaient une rage dans le coeur alors qu'il n'y avait pas de raison sur ce navire d'être aussi "fâché". Je me souviens m'être dit qu'il ne devaient pas être heureux dans leurs vie. J'étais surpris, j'ai osé demandé pourquoi une telle agressivité à quelqu'un qui m'a répondu que la vie n'était pas si belle pour eux en France. A l'arrivée mes amis algériens sont venu me chercher. Les vacances se sont bien passée mais je n'ai pas pu resté un seul instant seul (toujours accompagné, comme les femmes là bas). Moi qui suis chauffeur routier et habitué à me débrouiller, j'ai été surpris par l'inertie des gens :ils se plaignent tous de n'avoir rien à faire. Les journées passent, c'est tout. Pourtant juste en 15 jours, j'ai déjà trouvé des choses qu'ils pourraient faire, mais ils veulent l'argent vite. Je dit qu'ils pourraient car étant touriste, je ne pouvais rien faire, j'ai juste regardé, visité, me renseigné etc... Il faudrait réouvrir les frontières avec certains voisins de manière à pouvoir exporter facilement. Et déverrouiller les freins qui arrêtent toute initiative. Ce n'est pas un vrai commentaire, mais j'avais envie de vous faire connaitre mon opinion. Croyez moi, il y a des étrangers qui aime l'Algérie. Personnellement je n'ai pas peur, j'espère que les dirigeants seront bien éclairés pour arrêter cette crise. Les Algériens ne sauront pas résoudre seul la crise mondiale, mais ils peuvent y contribuer.

2.Posté par Marie le 07/01/2011 22:09
Bonjour,
Moi aussi j'ai passé des vacances en Algérie, en 2008. C'est un de mes plus beaux voyages, nous avons été très bien accueillis, avec beaucoup de générosité et de convivialité.
Nous avons été conduits à travers le pays par une amie algérienne, et maintenant que j'y pense c'est vrai que nous n'avons pas été livrés à nous même ne serait ce que 10 minutes. Et nous avons eu beaucoup de contrôles de papiers durant les trajets en avion et en car. En dehors de ces inconvénients, j'ai été très touchée des marques d'intérêt des algériens et de leur sympathie spontanée. Je pense que l'Algérie à tout ce qu'il faut pour devenir un pays dynamique : c'est aux algériens d'y croire. Moi qui ne suis pas algérienne, je crois dans les possibilités de ce pays et de ses habitants.

3.Posté par moh le 24/02/2011 01:01
Bonjour je suis citoyen algérien vivant à l’étranger, voila donc je vous raconte mon calvaire de l’été 2010, je suis parti en famille en vacances. Eh ! oui j’ai oublié ou plutôt je n’ai pas pensé rajouter mon fils sur nos passeport ni lui faire un passeport, vous allez me dire que j’ai tort je l’avoue, en arrivant au port d’Alger, on m’avait dit qu’on me faisant une faveur de me laisser passer tout en me disant de lui faire un passeport valable pour le retour uniquement, donc je n’ai vraiment pas traîné le lendemain j’ai été voir notre fameux siège de daïra. On m’avait demandé un extrait de naissance et trois photos. 2 jours après c’est fait. En arrivant ce généreux ahcène qui travaille dans le service concerné avait complètement changé d’attitude en nous voyant, comme s’il allait me léguer la totalité des ses propriétés; ce pauvre ignorant, en nous envoyant voir le secrétaire général gaoui qui ne ressemble à rien alors à un s.g sans commentaire, comme le chef de daïra était en congé. Donc il nous a raconté toute sa vie sans pour autant me donner une solution, tout en citant les passeports bio métrique, en me rassurant, qu’il allait trouver une solution en me disant avec milles et un gestes des ses mains : cet enfant doit repartir bien sûr, il va repartir ; je sentais ma rage grandir et mes nerfs qui s’échauffaient. Appelant la daïra voisine à16h25mn pour de plus amples informations auprès d’ azwaw qui occupe un poste en dessous du sien, prouvant son incompétence, puis une autre femme du service était venue soit disant donner son avis, comme si j’étais à la merci de tous; en s’appuyant sur le bureau en ruminant son chewing-gum en nous disant qu’il y a eu le même cas que le mien et comme par hasard ils ont tous oublié ce qu’ils lui ont fait. Le hasard est cruel : j’ai dit à mon oncle que tout ça ne sont que des fariboles ; on rentre et le lendemain j’ai appelé le fameux 1573 pour un rendez vous. En arrivant j’étais dans un bureau, on m’a dit qu’ils ne peuvent rien faire comme mon fils a une c.i.n française donc en règle vis-à-vis des autorités françaises, on m’a envoyé au ministère des affaires étrangère service consulaire, comme si j’avais commit un meurtre : en m’envoyant d’un bureau à un autre tout en me faisant la morale ; comme si vivre en France est un délit. Enfin tous les postes administratifs ou presque sont occupés par des incompétents et la plupart d’entre eux attendent les pots de vin. En tous les cas, bref, tellement de dires qui me hantent encore et encore et que je n’arrive pas à oublier, mais il le fallait c’est tout ce qu’on a. J’ai fini quand même par obtenir une attestation consulaire pour mon fils, j’ai passé toute la journée sur la route, de 04h du matin à 21h le lendemain c’est rebelotte. Mais heureusement, seul cette fois, enfin une autre journée à courir du ministère des affaires étrangères, la daïra de si mhamed et la daïra de messonier et ils m’ont envoyé à la fin au ministère des affaires étrangères. Ils ne sont même pas au courant que ça a changé, j’étais choqué et je suis rentré bredouille, le jour suivant j’ai été à notre siège de daïra et toujours la même personne. Enfin il me faudra énormément de temps pour tout raconter de ce calvaire et cette colère qui me hante encore l’esprit, et je n’ai vraiment aucun espoir que ça changera un jour en Algérie, je suis jaloux des pays voisin.......

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Par Guillaume Almeras, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil


 




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