Après Le Havre, la Société nouvelle de remorquage s'intéresse à MarseilleLa Société nouvelle de remorquage du Havre (SNRH), filiale du groupe néerlandais Kotug, souhaite jeter l’ancre dans le port de Marseille en proposant, à compter de janvier 2010, un service de remorquage aux armateurs, venant concurrencer le groupe espagnol Boluda qui régnait seul sur les deux bassins du GPMM.
Quatre remorqueurs sont en cours de construction à Singapour et au Japon (photo SNRH)
FRANCE. La SNRH (Société nouvelle de remorquage du Havre) a présenté en mai 2009 une demande d’agrément au Grand port maritime de Marseille pour exploiter un service de remorquage à compter de 2010, année où le terminal à conteneurs de Fos 2 Xl doit être mis en service.
La prochaine mise en exploitation du terminal de GDF2, où deux escales par semaine de méthaniers de plus de 155.000 m3 sont prévues, est aussi de nature à attirer les remorqueurs havrais. « Nous avons fait une étude dans les ports de Dunkerque, Rouen et Marseille et c’est ce dernier port qui offre les plus grandes perspectives de développement pour notre entreprise. Marseille est le deuxième port de France. Par ailleurs, Boluda propose des réductions tarifaires aux armateurs servis à la fois à Marseille et au Havre, et je ne vois pas pourquoi nous ne proposerions pas les mêmes prestations », explique Theodorus Knegtel. "16 remorqueurs à Marseille, c'est ridicule !"
SNRH espère démarrer son activité à Marseille en janvier 2010 (photo SNRH)
Le président de la SNRH, qui espère obtenir l’agrément en décembre 2009, indique également que leur arrivée est une réponse aux appels du pied des armateurs en mal de concurrence dans la cité phocéenne.
La SNRH devrait débarquer avec une flotte composée de remorqueurs neufs, quatre étant en cours d’achèvement en Asie, et d’unités déjà en exploitation. L’arrêté réglementaire publié en 2009 impose à la SNRH d’exploiter huit remorqueurs. Un chiffre bien trop élevé eu égard aux trafics, selon le dirigeant de l’entreprise havraise. « 16 remorqueurs pour Marseille, c’est ridicule », lance Theodorus Knegtel, qui attend une réponse du GPMM pour la fin du mois de juillet 2009. Au Havre, la SNRH exploite six remorqueurs et emploie 70 personnes chargées d’escorter les navires de China Shipping, OOCL, Cosco, Evergreen et CSAV. 40% de parts de marché au Havre
GDF2 et Fos 2 XL devraient attirer prioritairement les remorqueurs du groupe Kotug (photo SNRH)
En 1999, dans le sillage de la directive sur la libéralisation des services portuaires en Europe, la SNRH avait bouleversé le paysage du remorquage français en annonçant son arrivée au Havre.
« Ils ont mis en place un cadre réglementaire le plus repoussant possible pour dissuader tout nouvel entrant », souligne Pascal Riteau, directeur d’exploitation de la SNRH qui dénonce « la vindicte des officiers du ministère public et des organisations syndicales ». Après des années de bataille juridique, la SNRH a servi son premier navire dans le port normand en octobre 2006 et, en trois ans, elle a pris « 40% de parts de marché ». Une bataille navale en perspective dans un marché fragilisé par les conflits sociaux sur le port de Marseille depuis 2007. Nathalie Bureau du Colombier
Jeudi 9 Juillet 2009
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