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Anima passe au crible dix ans d'IDE au sud de la Méditerranée


Pour son 10e anniversaire, Anima Investment Network publie « 10 ans d'investissements étrangers et de partenariats d'affaires en Méditerranée. 2006-2015 ». Véritable mine d'informations, ce document dresse un bilan contrasté de la dernière décennie en matière d'investissements directs étrangers dans les pays du sud de la Méditerranée.



Nombre d'IDE annoncés (MIPO). © Anima 2016
Nombre d'IDE annoncés (MIPO). © Anima 2016
MEDITERRANEE. Pour son 10e anniversaire, Anima Investment Network publie « 10 ans d'investissements étrangers et de partenariats d'affaires en Méditerranée. 2006-2015 ». Véritable mine d'informations, ce document dresse un bilan contrasté de la dernière décennie en matière d'investissements directs étrangers dans les pays du sud de la Méditerranée.
 
« Quand nous avons commencé à travailler, les pays du Sud attiraient 1% de l’investissement étranger dans le monde, alors que notre population représentait 4% de la population mondiale. Aujourd’hui, nous attirons quasiment 3% des investissements étrangers dans le monde, et nous avons tutoyé les 4% au milieu de la décennie 2000 ! » se félicite le président d'Anima, Khalil Laabidi.
 
Dans son document, Anima, association qui fédère les agences de promotion de l’investissement des pays d’Europe et de Méditerranée, tempère cet optimisme. « Les performances de l’investissement direct étranger (IDE) en Méditerranée sont mitigées. D’un côté, la Méditerranée a confirmé depuis 10 ans son ancrage durable sur la carte des investisseurs internationaux. Les crises financières et économiques, les printemps arabes, le terrorisme islamiste et la polarisation culturelle qu’il tente d’imposer n’ont pas eu raison de l’attractivité de ces économies. Elles continuent d’attirer chaque année 2 à 3% de l’investissement étranger dans le monde. D’un autre côté, ce niveau reste en deçà des performances que pourrait espérer la région, par rapport au poids de son PIB ou de sa population » expliquent ses rédacteurs, Emmanuel Noutary et Zoé Luçon. Ils s'appuient dans leur analyse sur les chiffres collectés par Anima et sur ceux publiés par la Cnuced ( Conférence des Nations Unies sur le commerce et l'investissement ).
 
Les deux structures ne donnent pas exactement les mêmes chiffres, mais les niveaux restent comparables. Ainsi, la Cnuced relève 343 mrds € d'IDE investis dans 11 pays méditerranéens de 2006 à 2015 alors qu'Anima évalue l'enveloppe à 351 mrds € (pour 6 000 projets)

4 phases

L’évolution des flux d’IDE (suivis par la CNUCED) et des annonces d’IDE (détectées de 2003 à 2015 par l’observatoire  ANIMA - MIPO)Nombre d'IDE annoncés (MIPO). © Anima 2016
L’évolution des flux d’IDE (suivis par la CNUCED) et des annonces d’IDE (détectées de 2003 à 2015 par l’observatoire ANIMA - MIPO)Nombre d'IDE annoncés (MIPO). © Anima 2016
La dernière décennie peut se décomposer en quatre phases. Les pays de la rive sud de la Méditerranée commencent à attirer les IDE à partir de 2005/2006. Le volume d'IDE passe en effet de 11 mrds € en 2004 à 50 mrds en 2006 (chiffres Cnuced), 64 mrds € pour Anima. À cette phase de très forte croissance suit une chute presque aussi brutale. Les IDE descendent à 28 mrds € (Cnuced) ou 26 mrds € (Anima) en 3 trois ans. Puis la situation se stabilise ensuite de 2009 à 2014. « 2015 marque la première réelle embellie pour les flux d’IDE dans les pays MED depuis 2008 : +24% d’après la Cnuced » remarque le rapport. « Le rebond est encore plus net pour les annonces d’IDE détectées par l’observatoire Anima-Mipo. Les montants annoncés doublent par rapport à 2014, essentiellement grâce à des mégaprojets en provenance du Golfe ».
 
Pour Emmanuel Noutary et Zoé Luçon, « la bonne nouvelle concerne surtout le nombre de projets détectés : il augmente franchement (+19%) pour la première fois depuis les contestations révolutionnaires de 2011. Le regain d’activité des investisseurs étrangers ne concerne toutefois que 4 pays : Israël, Turquie, Égypte et Maroc ». L'Égypte tire à elle seule toute sa zone géographique vers le haut avec une croissance des IDE en 2015 de +49%. Il s'agit du second pays africain le plus attractif d'Afrique. Le Maroc se classe cinquième. D'une manière générale, pays menés d'une main de fer par leurs dirigeants attirent les investisseurs. À l'image de la l'Egypte, la Turquie affiche ainsi +36% d'IDE en 2015.
 
Les IDE repartent à la hausse en 2015 dans ces quatre pays, mais les partenariats d'affaires se sont effondrés depuis 2013 et atteignent en 2015 leur plus bas niveau depuis 2008. L'instabilité fait peur.

Des IDE plus inclusifs

Les investisseurs privilégient toujours des secteurs de « rente » peu créateurs d'emplois, comme les hydrocarbures, la banque, l'immobilier, les télécoms, le ciment, le verre et les matériaux. « Ils représentent à eux seuls plus des 2/3 des montants annoncés au cours de la décennie 2006-2015 » regrette le rapport d'Anima. « Ils captent même 3/4 des montants annoncés si l’on exclut Israël et la Turquie ».
 
Mais, depuis quelques années, cette tendance marque le pas avec la montée en puissance de 8 secteurs stratégiques beaucoup plus intéressants en matière de développement économique et d'emplois (agroalimentaire, transport, logistique, santé, industries mécaniques, TIC, green techs). Ils représentent 272 projets en 2015 contre seulement 144 en 2006.
 
Les investisseurs européens perdent du terra in, mais restent leaders dans la région. Ils assument 40% du montant des IDE annoncés en 2015. Anima constate une fois de plus la faiblesse des investissements intra-régionaux, 6% du total. « Parmi les pays les plus actifs figurent la Turquie, dont les investisseurs sont toutefois plus discrets depuis 2013, l’Égypte, présente au Mashreq comme au Maghreb, le Liban, qui investit surtout au Mashreq et en Turquie, et la Tunisie, dont les entreprises privilégient le Maroc, la Libye - jusqu’en 2011, et dans une moindre mesure l’Algérie. Le Maroc, qui investit de plus en plus dans le continent africain, n’est que peu présent dans les autres pays MED. Les projets d’IDE européens créent plus d'emplois : leur ratio de création d’emplois est presque 2 fois supérieur à la moyenne, tout comme les projets d’IDE intra-MED »


Gérard Tur


Jeudi 3 Novembre 2016



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