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Amar Takjout : "Les potentialités existent pourvu que l’on change les mentalités"


Amar Takjout, secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs du textile (FNTTC) de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) détaille dans une interview à Econostrum.info, la situation du textile en Algérie. Un rapport de l’office national des statistiques indique que le secteur connaît une croissance de 11,1% en 2015 après avoir reculé de -0,3% en 2014.



Econostrum.info : Tout le monde s’accorde à reconnaître que le textile algérien a été déstructuré. Pouvez-vous nous rappeler brièvement ce qu’il représentait autrefois ?
 
Amar Takjout : Il fût un temps où le secteur avait une place importante sur le marché national avec 150 millions de mètres linéaires fabriqués, tous types de tissus confondus (habillement et ameublement). Il représentait 5 000 entreprises publiques ou privées, 200.000 salariés dont 55 000 dans le public. La production nationale représentait 75 % du marché. Le taux de croissance annuel du secteur était de 8% dans les années 1980. Il est à peine de 3% aujourd’hui.
 
Dans quel état se trouve le secteur du textile aujourd’hui ?
 
AT : Actuellement, le secteur reprend doucement grâce au plan de sauvetage de la filière textile de 2 mrds$ lancé par l'Etat depuis 2011, les mesures d’assainissement financier engagées, les aides fiscales et parafiscales accordées. Aujourd’hui, il n’y a plus de salaires impayés. Des crédits bancaires pour l'investissement et la formation ont été consentis.
Cela a entraîné un début de réaction du marché avec 5% des effectifs du secteur remplacés et plus de 2 000 postes créés dans tout le pays. Enfin, les carnets de commandes sont dans un meilleur état que les années précédentes. Mais il faudrait que l’outil de production national tourne à plein régime pour couvrir 15% du marché local, le reste étant capté par les produits chinois et turcs essentiellement. L’usine de fabrication de chaussures de Chéraga (banlieue d’Alger) a été relancée en 2013. Il existe des contacts avec des Espagnols et des Italiens.
 
Quelles sont les principales raisons du recul de ce secteur ?
 
AT : Le changement de la politique économique avec l'ouverture brutale du marché à la concurrence étrangère et les choix opérés n'ont pas permis une transition judicieuse. Il faut ajouter à cela les plans d'ajustement structurel du FMI ainsi que la période de 10 années (décennie 1990) d'insécurité. Tous ces éléments ont déstructurer le secteur. En vingt années, le secteur, public et privé, a perdu près de la totalité de ses emplois. Cela a affecté les équilibres régionaux et contribué fortement à l’exode vers le centre du pays.
 
De quelles potentialités économiques et sociales dispose ce secteur ?
 
AT : Les potentialités existent si les mentalités changent vis-à-vis de l'entreprise en libérant les initiatives et en réduisant la bureaucratie. Bien évidemment, la récupération des parts de marché perdues passe par la  formation, la création et l'innovation. Des centaines de milliers d’emplois pourraient être créés. L’Algérie économiserait une grande partie de ses devises et pourrait même exporter.
 
Comment l’Algérie peut-elle récupérer les parts de marché perdues et se lancer dans l’exportation ?


AT : Cela passe par la formation avec la relance de l'Institut National Des Industries Légères (INIL) de Boumerdes et la mise en place d'un programme de formation par les Centres de formation professionnelle et d’apprentissage (CFPA). Il faudrait également aider à la création de maisons de mode et de stylisme.
 
Comment se présente le partenariat international dans le secteur et que peut en attendre l'Algérie ?

 AT : Il s'agit d'un atout, en particulier en matière de savoir-faire. Un grand complexe textile lancé en partenariat avec le groupe turc Taypa, spécialisé dans le tissage, entrera en production à Relizane (300 km à l’ouest d’Alger) vers la fin de l’année 2016. Il devrait employer 10 000 salariés. Le partenariat permettra au secteur de répondre au mieux à la demande du marché national et d’aller à la conquête du marché international.


Propos reccueillis par Acia Kaci. Alger


Vendredi 22 Avril 2016



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