partager partager

"Agrexco est à Sète pour une dizaine d'années"

Le 15 juin 2011, Agrexco (marque Carmel) déchargera ses premières palettes de fruits sur le port de Sète. Après quarante années de présence à Marseille et deux années transitoires à Vado, le prestataire de services israélien qui réalise 50 M€ de chiffres d’affaires en Italie, France et Espagne, parle sans ambages de sa stratégie Méditerranéenne. Entretien exclusif avec Ouzis Kouris, gérant d'Agrexco France.


Ouzis Kouris, gérant d'Agrexco France. (Photo N.B.C)
Ouzis Kouris, gérant d'Agrexco France. (Photo N.B.C)
ISRAËL / FRANCE. econostrum.info : Que représente le groupe Agrexco aujourd’hui ?

Ouzis Kouris : Notre groupe, créé il y a soixante ans, trouve son origine dans la volonté de l’État hébreu de soutenir la production agricole israélienne à l’export. Nous sommes un prestataire de service pour le compte de ces producteurs. Nous vendons leur marchandise et négocions avec les géants de la grande distribution dans le monde. Nous avons créé notre cahier des charges, Ecofresh, encore plus strict au niveau réglementaire que celui des clients.  

Résultat, Agrexco réalise un chiffre d’affaires annuel de 600 M€ dont 550 à l’export et 50 M€ écoulés en Israël. Nous traitons l’équivalent de 200 000 palettes par an de fruits, légumes, fleurs, plantes aromatiques destinées à la France, l’Italie et l’Espagne.

econostrum.info : Qu’est-ce qui vous a incité à quitter Marseille pour Porto Vado puis Sète ?

Ouzis Kouris : Nous étions à Marseille depuis quarante ans et nous y étions bien car nous avions tout ce qu’il nous fallait en termes d’outillages et d’installations. Et tout était simple car le port n’est pas loin du marché de Cavaillon. Seulement, un différend commercial avec le manutentionnaire (Marseille Manutention, filiale de Sea Invest, ndlr), nous a décidés à partir fin 2009. Nous étions les seuls clients à financer les entrepôts vides.

Les multiples grèves ont un impact sur nos produits dont la durée de vie est limitée. Nous sommes partis en exil à Porto Vado pendant deux ans mais il est difficile de travailler là-bas car, il y a peu d’espace et les entrepôts sont conçus pour recevoir des bananes et des ananas mais pas des produits aussi délicats que des fleurs. Nous transportons des produits fragiles (mangues, avocats, agrumes, tomates,…) qui nécessitent une dizaine de températures différentes alors nous avons décidé de louer un entrepôt non loin de Cavaillon cela nous permet de sortir la marchandise de Vado.

De plus avons du mal à trouver des transporteurs qui n’ont pas de fret retour vers le port de Vado. Monsieur Orsero (Pdg de GF Group, manutentionnaire présent à Vado, ndlr) a eu la gentillesse de nous accueillir durant cette période et de construire un terminal à Sète.

Une escale par semaine à Sète : conteneurs, voitures et fruits

econostrum.info : Vous êtes de retour en France depuis peu ?

Ouzis Kouris : Nous avons démarré à Sète le 15 novembre 2010 par un trafic de conteneurs et nous sommes très contents. Nos navires offrent une capacité de 5 000 palettes, 600 Evp pour les conteneurs secs et possèdent 280 prises reefer pour les conteneurs de 40 pieds. Nos navires Carmel Biotop et Carmel Ecofresh desservent Ashdod, Sète, Valence et Haïfa.

A partir du 15 juin 2011n, nos navires déchargeront chaque semaine des palettes de fruits et légumes. Et en sortie de Sète, nous chargeons aussi des Peugeot et des Citroën vers Israël.

econostrum.info : Combien de temps comptez-vous rester à Sète ?

Ouzis Kouris : Nous sommes là pour une dizaine d’années.

Lire aussi :  Le futur terminal d'Agrexco-Carmel à Sète fait des vagues
                   : Israël : Analyse d'une réussite logistique


Nathalie Bureau du Colombier


Lundi 23 Mai 2011



Lu 1574 fois

Commentaires

1.Posté par Nadir le 24/05/2011 10:25
il est à espérer que ce n'est pas une production agricole provenant des territoires occupés.

© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.