Agir viteDirecteur Général du Fonds Monétaire Arabe, Jassim Al Mannai s'attend à des lendemains difficiles pour les pays concernés par le printemps arabe.
"Au nord comme au sud, tous les acteurs politiques et économiques connaissaient la corruption." (Photo GT)
MÉDITERRANÉE. Qu'ils soient du nord ou du sud, tous les économistes et hommes politiques s'entendent sur l'urgence d'une action rapide en faveur des pays concernés par le printemps arabe. Car, les populations, déçues par des révolutions qui à court terme déboucheraient sur une crise économique, pourraient très vite se tourner vers le nationalisme ou l'intégrisme. « Les transformations dans les pays arabes ne sont pas achevées, les types de gouvernements restent à mettre en place. Ils seront différents d'un pays à l'autre. » Directeur général du Fonds Monétaire Arabe, Jassim Al Mannai s'attend à des lendemains difficiles pour les pays concernés par le printemps arabe. « Un million d'Égyptiens a perdu son travail en Libye. Beaucoup de Tunisiens également. Et ce n'est qu'un exemple. Nous vivons des bouleversements économiques considérables. Avec la crise financière mondiale qui vient s'ajouter aux révolutions, il est devenu presque impossible pour les entreprises arabes de mobiliser des financements. Il faut trouver très vite de l'argent, car, les déficits budgétaires se creusent en Égypte comme en Tunisie. Endettement, balance des paiements, tous les indicateurs passent au rouge. » Ce reflux économique concerne le court terme. Car à long terme, le printemps arabe devrait au contraire libérer les énergies, dynamiser les économies. « À condition de trouver des financements relais pour franchir ce cap difficile » poursuit Jassim Al Mannai. « À condition également que l'Europe facilite l'accès à ses marchés. » Tout ne passe pas par la croissance. Les clefs de la réussite du printemps arabe résident dans une meilleure distribution des fruits de cette croissance. « Car ces dernières années » regrette Jassim Al Mannai, « les pays arabes à forte progression du PIB ont pourtant vu le chômage et la pauvreté croitre. Le modèle économique ne doit pas considérer la croissance comme un objectif, mais comme un moyen. Au nord comme au sud, tous les acteurs politiques et économiques connaissaient la corruption, acceptaient et supportaient les dictateurs. Il faut redonner de l'importance aux notions de valeurs. » Gérard Tur
Vendredi 23 Septembre 2011
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