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Accord sur fond d‘incertitude en Grèce


Un accord a été trouvé en Grèce, mais le flou persiste quant à l'étendue de la rigueur.



La contestation sociale va encore se durcir en Grèce (photo DR)
La contestation sociale va encore se durcir en Grèce (photo DR)
GRECE. L’accord sur le paquet de mesures de rigueur réclamées par les créanciers de la Grèce, Union européenne  et FMI , est intervenu jeudi 9 février 2012 de la même façon qu’ont été menées les négociations qui l’ont précédé toute la nuit : dans la plus grande des confusions.

Plusieurs heures après son annonce, les Grecs ne savaient toujours pas si les trois chefs des partis politiques qui soutiennent la coalition gouvernementale cosigneraient cet accord . Autrement dit, ils ne savaient toujours pas si le gouvernement appelé à défendre ce plan au parlement allait tenir. D’autant que le dirigeant d’extrême droite, Georges Karatzaferis, qui avait dans la nuit claqué la porte des négociations, a laissé planer le doute de sa démission. Iannis Koutsoukos, secrétaire d'État au Travail en Grèce, lui n'a pas hésité et a annoncé sa démission pour protester contre les mesures d'austérités prises par le gouvernement.

Le secrétaire d'État, député du parti socialiste Pasok, occupait son poste depuis juin 2011.

Les mesures d'austérités convenues le même jour par la coalition gouvernementale, pourraient comprendre des suppressions massives d'emplois dans le secteur public, des coupes additionnelles dans certaines pensions de retraite et des baisses de salaires dans le privé.

Pire, les Grecs ne savaient pas comment le point d’achoppement sur lequel ont buté les négociations la nuit précédente, à savoir le montant exact de la baisse des retraites principales et complémentaires, avait été dépassé.
 
Plusieurs députés dont le socialiste Odisseas Boudouris ont d'ores et  déjà déclaré "qu’ils ne voteraient pas pour la baisse de 22% du SMIC", ramené par le FMI à 586 € bruts par mois et à 440 € bruts pour les moins de 25 ans. D’autres députés contestent les 150 000 licenciements exigés d’ici 2015 dont 15 000 dans les prochaines semaines dans la fonction publique y compris dans les hôpitaux et l’enseignement.

Des Grecs sous le choc

En revanche, une chose est sûre : les Grecs sont choqués de la dureté qui les attend. Outre une augmentation des taxes et des impôts, une baisse des cotisations sociales et un gel des salaires pour au moins trois ans, le FMI  et la zone euro exigent 15% au moins de baisses supplémentaires sur les retraites principales et complémentaires, ce que le chef du parti conservateur Antonis Samaras refuse catégoriquement.

Visiblement épuisé, le ministre des Finances Evangelos Vénizélos est parti au petit matin pour Bruxelles pour tenter de défendre l’indéfendable devant l’Eurogroupe, à savoir un accord partiel bancal au lieu d’un accord ferme et définitif.

Et ce n’est qu’une fois que l’Allemagne commençait à faire connaître son agacement via des communiqués de presse que le bureau du premier ministre en fin d’après midi a annoncé l’accord définitif des trois dirigeants politiques, sans pour autant en dévoiler la teneur.

Les syndicats n’ont pas été aussi longs à réagir. Le parti communiste a appelé « à la résistance dans la rue » dès jeudi soir. La confédération générale des travailleurs et le syndicat des fonctionnaires ont annoncé deux jours de grève générale et l’encerclement du Parlement dimanche 12 février 2012 ou doit être voté, via la procédure d’urgence, ce mémorandum.

Un vote loin d'être acquis

Evangelos Vénizélos doit défendre à Bruxelles le mémorandum (photo ministère grec des Finances)
Evangelos Vénizélos doit défendre à Bruxelles le mémorandum (photo ministère grec des Finances)
Selon les syndicats qui dénoncent la déréglementation totale du marché du travail, ces mesures "vont être le tombeau de la société grecque et le gouvernement, dirigé par un premier ministre non élu n'a pas de légitimité pour les imposer".
 
Le patronat de son coté montre également du doigt ces mesures car « elles vont accentuer la récession d’au mois de 2  points la faisant passer de -6% actuellement à -8 % ».

Il est évident que la classe moyenne laminée, les ouvriers et les salaires les plus bas ne vont plus du tout pouvoir faire face. Il va donc mathématiquement y avoir un trou dans les rentrées du budget 2012 comme il y en eu un dans celui de 2011, trou que l’on essaye de combler avec ces mesures supplémentaires.

D'ailleurs dans le mémorandum, il est prévu un réexamen des données en juin 2012 et une révision à la baisse des salaires et retraites si nécessaire. Et c'est que le bât blesse, "ce chantage ne finira jamais "s'insurge Irini professeure de 35 ans touchée de plein fouet par l’austérité.

Pour l'éditorialiste Pavlos Tsimas, " il s'agit là d'une dévaluation violente intérieure en une nuit, sans plan Marshall pour contrebalancer. On doit choisir entre deux très mauvaises solutions :la faillite ou la paupérisation généralisée de la société grecque".

Tout en reconnaissant la part de responsabilité du pays dans la situation actuelle, la presse parle d’une Grèce, "mise à genoux pour rien, ou plutôt pour l’exemple".

Il faut montrer aux créanciers et aux marchés que la  zone euro est capable quel qu’en soit le prix, de mettre au pas les mauvais élèves et de rééquilibrer ses comptes. On sauve l’euro en sacrifiant la Grèce. Du coup, depuis peu, certains économistes comme Yannis  Varoufakis, ou Thanos Contargyris appellent au défaut de la Grèce, mais "dans la zone euro".

Selon le Fmi, la décote de la dette souveraine du pays qui devrait se faire une fois le prêt de 130 mrds€ débloqué devrait lui permettre d’être viable dans les années à venir. Rien n’est moins sur : 2012 devait, selon le premier mémorandum d'austérité imposé par le FMI, être la première année de reprise avec une croissance de 1,2%.

Au lieu de cela les chiffres prouvent le contraire souligne le Pavlos Tsimas « pour 0,5% de réajustement budgétaire on obtient 2% de récession. »


Lire aussi : Humiliation et crise politique en Grèce après le refus de l'Eurogroupe


Thomas Iacobi, à ATHÈNES


Vendredi 10 Février 2012



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